Mais dans les faits, ces mêmes autorités installeraient déjà discrètement des traceurs dans les emballages et même directement dans les serveurs qui contiennent ces puces, afin de détecter les infractions sur les restrictions d’exportation.
Depuis plusieurs années, les États-Unis restreignent les exportations d’équipements sensibles en Chine. Il arrive cependant que des puces et des serveurs parviennent à entrer sur le territoire chinois par des biais détournés, comme cela a été largement documenté. Les autorités US doivent donc trouver des moyens pour suivre à la trace ces équipements, et cela passe par l’installation de mouchards — parfois de la taille d’un smartphone — dans les emballages ou même à l’intérieur des serveurs contenant des puces Nvidia et d’AMD, selon une enquête de Reuters.
Ces installations peuvent se faire avec un mandat, un accord administratif, ou parfois avec le consentement de l’entreprise non visée par l’enquête — mais aussi en douce, sans informer l’entreprise en question. Les serveurs sont fabriqués par Dell et Super Micro. Le premier a affirmé ne pas être au courant de ces initiatives du gouvernement américain, le second ne divulgue pas ses « pratiques et politiques de sécurité mises en place pour protéger nos opérations mondiales, nos partenaires et nos clients ».
Ni Nvidia, ni AMD n’ont voulu commenter. Les deux constructeurs sont dans une position délicate : ils ont en effet obtenu de Donald Trump l’autorisation de vendre des puces IA en Chine… contre 15 % du produit de la vente versé au gouvernement américain. Le cadre légal de ces installations de traqueurs ne semble en tout cas guère solide, mais c’est un procédé utilisé par les fins limiers US depuis les années 80 pour suivre des équipements militaires.
En parallèle, la pression monte sur les fabricants de puces, Nvidia en tête, pour installer des portes dérobées ou des systèmes de localisation directement dans les produits. Ce à quoi le groupe s’oppose fermement, expliquant qu’une backdoor est un « une faille permanente, hors du contrôle de l’utilisateur, et une invitation ouverte pour la catastrophe ».
Mais malgré ces dénégations, Pékin soupçonne Nvidia d’avoir déjà installé des mouchards dans ses puces…
avec 01net