
La startup Gestala promet en effet de «lire» dans l’esprit humain grâce à une technologie que nous connaissons tous: l’ultrason.
Le concept repose sur une approche globale: contrairement aux électrodes physiques qui ne captent les signaux que sur une zone restreinte, l’échographie crânienne permettrait de cartographier l’activité de l’ensemble de l’encéphale. Phoenix Peng, PDG de Gestala, explique que «l’interface cérébrale électrique n’enregistre qu’une partie du cerveau; les ultrasons, semble-t-il, peuvent nous donner la capacité d’accéder au cerveau entier».
En analysant les variations de flux sanguin avec une précision chirurgicale, ces nouveaux dispositifs ont plusieurs objectifs ambitieux tels que redonner de la mobilité aux patients paralysés, mais aussi traiter certaines pathologies mentales. Le projet de Gestala prévoit, à terme, un casque de deuxième génération capable de détecter des états liés à la dépression ou à la douleur chronique, pour ensuite délivrer une stimulation thérapeutique ciblée.
Toutefois, le défi technique reste colossal. Comme le souligne le magazine Popular Mechanics, si l’utilisation des ultrasons pour détruire des neurones défaillants (notamment dans le cadre de la maladie de Parkinson) est une pratique connue, l’extraction de données fiables à travers la paroi osseuse du crâne est une autre affaire. L’os a tendance à déformer les ondes sonores, brouillant ainsi la fidélité des informations recueillies.
Pourtant, l’optimisme règne dans la Silicon Valley comme en Asie. Cette percée technologique s’inscrit dans une tendance mondiale qui voit l’utilisation de l’intelligence artificielle à des fins médicales se développer rapidement. En septembre 2025, des chercheurs de l’UCLA ont déjà prouvé qu’un simple bonnet d’électroencéphalographie (EEG) couplé à une IA pouvait traduire des pensées en mouvements sans aucune incision.
Pour Jonathan Kao, auteur de cette étude, l’objectif est clair: «En utilisant l’intelligence artificielle pour compléter les systèmes d’interface cerveau-machine, nous visons des voies beaucoup moins risquées et invasives.»
Le marché ne s’y trompe pas. OpenAI a récemment investi dans Merge Labs, une startup utilisant également les ultrasons dans ses recherches. Si ces technologies parviennent à franchir la barrière des 1.000 microvariations –nécessaires à une lecture fluide– nous pourrions bientôt diriger nos ordinateurs par la simple force de la pensée, sans avoir à passer au préalable par le bloc opératoire.
via slate