
À l’ouverture de son témoignage devant le jury, Elon Musk a choisi de commencer par le début : son enfance en Afrique du Sud, son arrivée au Canada avec, selon ses propres mots, « 2 500 dollars canadiens en chèques de voyage, un sac de vêtements et des livres ». Il a ensuite retracé longuement l’histoire de ses entreprises, de Zip2 à PayPal, avant d’évoquer SpaceX et Tesla.
Avec cette mise en scène bien huilée, Elon Musk a tenté de démontrer que ses activités entrepreneuriales ont toujours été guidées par une préoccupation pour le bien commun. SpaceX a été présentée comme une « assurance-vie pour la vie telle que nous la connaissons ». Tesla, comme une réponse aux risques environnementaux liés aux énergies fossiles. Sur ce dernier point, Musk a affirmé avoir fondé Tesla, une déclaration inexacte, puisque l’entreprise a été créée en 2003 par Martin Eberhard et Marc Tarpenning, avant qu’il n’en prenne le contrôle.
C’est dans cette optique, a-t-il expliqué, qu’il a co-fondé OpenAI, avec l’intention affichée d’orienter le développement de l’IA vers le premier scénario plutôt que le second.
Musk est allé jusqu’à accuser Altman de vol.
« C’est très simple : on ne vole pas une association caritative. C’est mon point de vue, et de surcroît, si les défendeurs sont déclarés non coupables, cette affaire fera jurisprudence. Elle ouvrira la voie au pillage de toutes les associations caritatives en Amérique ».
« Si le verdict laisse entendre qu’il est acceptable de piller une association, c’est tout le fondement de la philanthropie aux États-Unis qui sera détruit. »
Le procès se poursuit. La stratégie de Musk, se poser en défenseur désintéressé de l’humanité face à un adversaire présenté comme opportuniste, devrait être soumise à l’épreuve du contre-interrogatoire dans les prochains jours.