
Microsoft ne veut plus cantonner l’intelligence artificielle à un rôle d’assistance auprès des analystes. Avec Perception, le groupe présente une architecture complète de sécurité agentique, pensée pour automatiser une grande partie du travail mené dans les centres opérationnels de sécurité, ou SoC. Attendue en préversion publique à partir du 3 août 2026, la plateforme doit coordonner plusieurs agents IA spécialisés, les faire travailler à partir d’une même compréhension de l’environnement à protéger et leur permettre d’enchaîner des tâches aujourd’hui réparties entre plusieurs métiers de la cybersécurité.
Microsoft complète ce duo avec des green teams, dont le rôle consiste à patcher les failles identifiées et à renforcer l’environnement. Elles peuvent modifier une règle de pare-feu, fermer un port, renforcer un contrôle d’autorisation ou préparer un correctif dans le code.
Ces agents ne travaillent donc pas chacun de leur côté. Perception les fait intervenir dans une même boucle, de la simulation d’attaque à la remédiation, à partir d’un contexte de sécurité partagé. Chaque équipe peut ainsi exploiter les résultats de la précédente, sans obliger les analystes, pentesters et développeurs à reprendre le travail à chaque passage de relais.
La plateforme s’appuie pour cela sur des playbooks, des procédures prédéfinies qui organisent les différentes étapes de la réponse à une menace. Les équipes peuvent lancer l’un de ces scénarios ou formuler directement leur demande en langage naturel. Elles peuvent, par exemple, demander si leur organisation est protégée contre un groupe malveillant récemment identifié, puis laisser Perception sélectionner les agents à mobiliser et les actions à enchaîner.

Perception relie les signaux issus de l’écosystème Microsoft à un contexte de sécurité partagé, ensuite exploité par ses agents red, blue et green. © Microsoft
Pour chaque faille, le système détaille son impact et reconstitue le chemin d’attaque susceptible de mener jusqu’à elle. Ces informations sont précieuses pour les équipes de sécurité, mais pourraient aussi servir de mode d’emploi si elles tombaient entre de mauvaises mains. Microsoft prévoit donc des droits d’accès précis pour contrôler qui peut lancer les analyses, consulter leurs résultats ou gérer les vulnérabilités découvertes.
Il ne travaillera pas seul pour autant. Fidèle à son approche multimodèle, Microsoft prévoit de lui confier environ 90 % des requêtes, tandis que GPT-5.4 prendra le relais sur les cas les plus difficiles. Cette répartition doit permettre de ne mobiliser le modèle le plus coûteux que lorsque la tâche l’exige réellement.
avec clubic