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Publié Le 20 août, 2026 2:11 pm

Infarctus et AVC : quatre facteurs de risque précéderaient 99 % des accidents cardiovasculaires. © Jacob Wackerhausen, iStock

99 % des infarctus et des AVC survenus dans une cohorte de plus de neuf millions d’adultes ont été précédés d’au moins un facteur de risque parmi quatre. L’idée d’un accident cardiaque qui frappe sans prévenir en sort ébranlée. Une autre étude nuance toutefois le tableau, en particulier chez les femmes.

Les données de santé de plus de neuf millions d’adultes en Corée du Sud et aux États-Unis convergent vers un constat net : la quasi-totalité des personnes ayant subi un événement cardiovasculaire majeur présentaient auparavant au moins un facteur de risque identifiable. Quatre suffisent à couvrir presque tous les cas.

 

Quatre facteurs, 99 % des événements

Les quatre marqueurs en question sont l’hypertension artérielle, un taux de cholestérol élevé, une glycémie élevée et le tabagisme, actuel ou passé. Pris ensemble, ils ont précédé 99 % des événements cardiovasculaires enregistrés au cours de cette étude de long terme, publiée en 2025.

Le résultat tient même dans le groupe le moins exposé. Chez les femmes de moins de 60 ans, plus de 95 % des infarctus et des accidents vasculaires cérébraux étaient associés à l’un de ces facteurs préexistants.

 

L’hypertension en tête

Un facteur domine largement. Dans les deux pays, plus de 93 % des personnes ayant subi un infarctus, un AVC ou une insuffisance cardiaque présentaient une hypertension au préalable.

La prise en charge de la pression artérielle apparaît de ce fait comme un levier central de prévention.

Philip Greenlandcardiologue à l’université Northwestern et auteur principal, estime que l’étude, publiée dans le Journal of the American College of Cardiology (JACC), démontre de façon convaincante que l’exposition à un ou plusieurs facteurs non optimaux précède la quasi-totalité de ces accidents. L’enjeu consiste selon lui à concentrer les efforts sur ces facteurs modifiables, plutôt que de se disperser vers des paramètres difficilement traitables et dont le rôle causal n’est pas établi.

Une précision importante éclaire ce chiffre de 99 %. Les auteurs ne comptabilisent pas uniquement les diagnostics posés, mais les niveaux considérés comme non optimaux, y compris ceux situés sous le seuil clinique. Ce périmètre élargi explique en partie l’ampleur du résultat.

 

Ces travaux contredisent l’idée, avancée récemment, d’une augmentation des accidents cardiovasculaires survenant en l’absence de tout facteur de risque. Selon les auteurs, les études antérieures auraient manqué certains diagnostics ou négligé des niveaux inférieurs au seuil de diagnostic.

Dans un éditorial accompagnant la publication, Neha Pagidipati, cardiologue à l’université Duke et non impliquée dans l’étude, souligne l’importance de traiter ces risques avant qu’ils ne débouchent sur des conséquences graves. Elle estime qu’il est possible, et nécessaire, de faire mieux.

 

Chez les femmes, d’autres mécanismes en cause

Un second travail, publié dans les Mayo clinic proceedings, en septembre 2025 par des chercheurs de la Mayo Clinic, apporte un éclairage complémentaire, en s’intéressant non plus aux facteurs de risque mais aux causes immédiates.

L’équipe a analysé 1 474 infarctus survenus chez des personnes de 65 ans ou moins, enregistrés entre 2003 et 2018 dans le comté d’Olmsted, au Minnesota. L’examen des dossiers médicaux et de l’imagerie a permis d’identifier une cause principale pour chaque cas.

Traditionnellement, l’infarctus est attribué à l’athérothrombose, c’est-à-dire la formation d’un caillot sur une artère obstruée par des dépôts, qui bloque l’irrigation du cœur.

Ce mécanisme explique effectivement 75 % des infarctus chez les hommes. Chez les femmes, il ne rend compte que de 47 % des cas. Plus de la moitié des infarctus féminins relèvent donc d’autres causes.

 

Chez les femmes, 34 % des événements correspondent à un déséquilibre entre les besoins du cœur en oxygène et ce qui lui est apporté, provoqué par une contrainte extérieure comme une anémie ou une infection. Les cardiologues parlent d’infarctus de type 2.

D’autres mécanismes contribuent significativement au tableau, notamment les dissections coronaires spontanées, ces déchirures de la paroi artérielle où le sang s’accumule, et les embolies, causées par des caillots venus d’ailleurs dans l’organisme.

Claire Raphael, cardiologue, souligne que ces causes ont longtemps été sous-identifiées, particulièrement chez les femmes. Lorsque l’origine réelle d’un infarctus est mal comprise, les traitements administrés perdent en efficacité, voire deviennent nocifs. Comprendre pourquoi l’accident est survenu compterait autant que le traiter, et déterminerait la frontière entre guérison et récidive.

 

 

Ce que ces résultats impliquent

Les deux études reposent sur des données observationnelles. Elles établissent des associations à l’échelle de larges populations et ne permettent pas de conclure à une causalité pour un individu donné.

Leur portée pratique tient ailleurs : les quatre facteurs identifiés sont tous modifiables, par le suivi médical, le traitement ou l’arrêt du tabac. Et l’existence de mécanismes distincts selon le sexe plaide pour une attention accrue au diagnostic chez les femmes.

Ces informations ont une visée générale et ne remplacent pas un avis médical. Le dépistage de l’hypertension, du cholestérol et de la glycémie relève du médecin traitant, qui peut évaluer le risque individuel et proposer un suivi adapté. En présence de signes évocateurs d’un infarctus ou d’un AVC, notamment une douleur thoracique, une gêne respiratoire, une faiblesse soudaine d’un côté du corps ou un trouble de la parole, il faut appeler immédiatement le 15 ou le 112.

via futura




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