
Le dispositif a fait l’objet de présentation par des chercheurs de l’université du Texas à Austin (UT Austin). Ces derniers entrevoient des applications futures dans le domaine de la surveillance cognitive en temps réel.
Contrairement aux casques EEG traditionnels, souvent encombrants et coûteux, le tatouage électronique offre une solution compacte et économique. L’ensemble complet, comprenant une batterie et des puces réutilisables, coûte environ 200 dollars, chaque capteur jetable étant vendu à environ 20 dollars.
Le dispositif fonctionne en analysant l’activité cérébrale (via un électroencéphalogramme, EEG) et les mouvements oculaires (via un électro-oculogramme, EOG) à l’aide de capteurs ultra-minces et flexibles qui adhèrent confortablement à la peau.
Les interfaces entre cerveaux humains et ordinateurs se développent, poussées par les progrès technologiques et les avancées de l’intelligence artificielle. C’est généralement dans le cadre d’utilisations médicales qu’on en a aperçues au travers de présentations offertes par des équipes de recherche. Il faudra s’attendre à les voir un peu plus dans le grand public étant donné que des géants technologiques comme Meta s’y intéressent, ce qui suscite d’ailleurs des craintes de voir nos données cérébrales vendues dans le futur.
https://x.com/HITpol/status/2087533630650532121?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E2087533630650532121%7Ctwgr%5E5f4a17d23a4b902ac60b5cbe86d85a0c73989cf7%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.developpez.com%2Factu%2F386154%2FLes-geants-technologiques-s-activent-a-creer-des-dispositifs-de-collecte-et-de-revente-de-nos-pensees-les-chercheurs-y-voient-le-prochain-grand-champ-de-bataille-en-matiere-de-vie-privee%2F
Entre le projet Brain2Qwerty chez Meta ou encore le partenariat entre Apple et Synchron, on s’active chez les géants technologiques pour créer des dispositifs capables de collecter des pensées sur le long terme
Meta développe des technologies non invasives de décodage cérébral, notamment le projet Brain2Qwerty, qui associe l’intelligence artificielle à un magnétoencéphalographe (MEG) pour analyser l’activité magnétique des neurones et la traduire en texte ou en images, sans aucune chirurgie.
Contrairement à Neuralink qui utilise des implants chirurgicaux, le système de Meta utilise un casque lourd de magnétoencéphalographie pour capter les champs magnétiques à l’extérieur du crâne.
Un réseau de neurones convertit les signaux magnétiques en caractères, un module les groupent, et un grand modèle de langage structure le tout en phrases cohérentes.
Le projet Brain2Qwerty de Meta décode les signaux cérébraux liés à l’action physique ou mentale d’écrire sur un clavier, mais il ne lit pas les pensées libres. Cependant, les craintes pour la vie privée résident dans l’évolution potentielle de cette technologie vers des capteurs portables et la collecte de données neurales extrêmement intimes.
Apple a publié la documentation officielle dédiée aux développeurs et consacrée à la description d’un protocole natif « Human Interface Device » (HID). Ce système enregistre officiellement les interfaces cerveau-ordinateur comme une catégorie d’entrée système principale pour iOS, iPadOS et visionOS.
En effet, Apple prend officiellement en charge l’intégration d’interfaces cerveau-ordinateur à usage médical tels que Synchron, permettant ainsi aux patients paralysés ou souffrant de troubles moteurs d’utiliser des commandes par la pensée via l’implant Stentrode pour faire fonctionner les appareils Apple sans les mains.
Les risques potentiels à long terme pour ces dispositifs incluent la transition vers des dispositifs ultra-portables capables de capter des signaux cérébraux en continu, l’exploitation comportementale ou publicitaire poussée au niveau neural.
Ces dispositifs de lecture des pensées viendraient allonger une longue liste de ceux à controverse en raison du dilemme entre leur potentielle utilité et les dangers en lien avec leur utilisation.
Ils viendraient étendre la surface d’attaque dans laquelle on retrouve des technologies comme SignalTrace a pour but d’étendre les lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation en permettant une collecte de données utilisateur non plus uniquement depuis une plaque d’immatriculation de véhicule, mais en sus, depuis toute onde radioélectrique émise depuis un dispositif IoT ou un terminal mobile.
En Suède, on compte des milliers de personnes avec des puces RFID sous-cutanées. C’est le genre de chose qu’on ne voit en principe que dans les films de science-fiction, mais depuis 2015, les Suédois ont translaté cette pratique dans la réalité. Après l’ouverture du bal par les employés de la startup scandinave Epicenter, on assiste pratiquement à un phénomène de mode dans le pays depuis 2018.
De façon brossée, pour être transformées en terminal de communication NFC, les puces électroniques sont injectées entre le pouce et l’index pour 180 $. Il s’agit de bornes de communication en champ proche (CCP ou NFC en anglais) de la taille d’un grain de riz. Pour rappel, la technologie CCP permet des communications de proximité (quelques centimètres) entre un lecteur et n’importe quel terminal mobile (tag CCP), ou entre les terminaux eux-mêmes, et ce, à un débit de 424 kbit à la seconde. Concrètement, l’humain (devenu tag CCP) peut communiquer avec un terminal par le biais d’un champ magnétique.
Certains demandeurs sont issus du dynamique milieu des startups du pays, mais aussi de « gros » comme les compagnies de chemin de fer. Les usages sont multiples : stockage (des coordonnées en cas d’urgence, de profils de réseaux sociaux, de billets électroniques pour les événements et les voyages, etc.), accès aux domiciles, bureaux, gymnases, etc. « Les puces sont conçues pour accélérer les opérations de routine et simplifier la vie », écrit NPR.
Mais nous n’y sommes pas encore parce que la collecte et la vente de pensées n’est pas une idée aussi simple à réaliser
L’étude du cerveau, dans son sens le plus large, génère des volumes considérables de données, communément appelées « données cérébrales ». Elles peuvent être moléculaires, cellulaires, génétiques, anatomiques, fonctionnelles, comportementales, computationnelles ou encore venant de l’activité neuro-électrique du cerveau (appelé aussi « rythme cérébral »).
Cette diversité de données regroupées sous le nom de « données cérébrales » n’est pas mesurable et visualisable avec les mêmes techniques, ce qui donne une diversité d’approches, de théories et de conceptions scientifiques de la pensée, qui s’entrechoquent également avec des conceptions plus philosophiques ou théologiques de la pensée, qui, elles, ne se mesurent pas.
Le concept de « vie privée mentale » n’est donc pas facile à définir, sur les plans neuroscientifique et philosophique. La pensée humaine est et restera toujours bien plus complexe et floue que de simples réseaux de neurones visualisables, mesurables, calculables et transférables via les neurotechnologies et des systèmes d’IA.
Et vous ?
Est-il souhaitable que ce type de technologies atteignent leur stade de maturité finale et que l’on puisse un jour vendre nos données cérébrales ? Seriez-vous demandeur (comme on a pu voir des personnes en Suède requérir que des puces leur soient implantées sous la peau) afin de bénéficier des avantages technologiques ?
avec developpez