
Traditionnellement, écrire une application nécessitait de « coder », en d’autres termes, de maîtriser un langage de programmation tel que Python, Java ou C++. Cela supposait aussi de savoir organiser la logique d’un programme afin de l’amener à accomplir la tâche demandée. L’apparition de chatbots IA tels que ChatGPT ou Claude d’Anthropic, a fait émerger une nouvelle approche : on décrit l’application que l’on souhaite obtenir et l’intelligence artificielle se charge d’écrire le code. Cette tendance a été renforcée par l’essor d’outils comme aistudio de Google, Cursor, Windsurf, ou Lovable.
C’est Andrej Karpathy, un informaticien qui a figuré parmi les membres fondateurs de OpenAI qui est à l’origine du terme Vibe coding, un terme que l’on pourrait traduire par « codage au feeling / aux bonnes ondes ». Il a proposé ce terme dans un tweet de février 2025 devenu célèbre où il disait notamment ceci :
« Il y a un nouveau type de programmation que j’appelle le ‘vibe coding’, où vous vous abandonnez complètement aux ‘vibes’, on accepte l’idée d’une croissance exponentielle (des capacités de l’IA). Vous en oubliez même que le code existe. »
Dans un tweet ultérieur, Karpathy a précisé sa pensée :
« Je me contente de prompter, réviser, exécuter, ressentir la vibe. L’IA écrit 100 % du code. »
Karpathy voulait ainsi mettre en avant la possibilité qui existe dorénavant de laisser l’IA opérer le travail de programmation et indiquer que, désormais, l’intuition et le ressenti seraient appelés à devenir des ingrédients aussi importants qu’ont pu l’être par le passé la maîtrise de langages comme Python.
Ainsi donc, le vibe coding entend remplacer le codage traditionnel par des prompts faisant appel à l’inspiration et l’intuition. Karpathy veut croire qu’il va en résulter de nouvelles approches ainsi qu’il l’a déclaré lors d’un échange sur X/Twitter :
« Dans le vibe coding, chaque bug (anomalie) est une opportunité de réinventer une solution. »
Une telle approche tranche radicalement avec celle de la programmation classique dans laquelle chaque ligne de code se doit d’avoir été rédigée de manière méticuleuse.
Pourtant, si le vibe coding apparaît comme une solution pratique pour le prototypage d’une application, dès lors que des notions telles que la sécurité et la performance sont en jeu, le codage classique reprend ses marques. Les deux pratiques semblent donc appelées à cohabiter.