
Ce projet fait suite à une levée de fonds de 34 millions de dollars réalisée en deux temps en 2026 : 11,75 millions en janvier, menés par 8VC, le fonds du cofondateur de Palantir Joe Lonsdale, puis 22 millions en février, portés par Lux Capital avec la participation de Resilience17 Capital, le fonds du PDG de Flutterwave Olugbenga Agboola. Ces financements ont pour objectif de renforcer les capacités de production, d’accélérer les déploiements et de développer les équipes d’ingénierie à travers l’Afrique.
Une fois pleinement opérationnelle, l’usine Pax-2 vise une capacité de 50 000 drones par an d’ici 2028 et créera 120 emplois d’ingénierie au Ghana. Elle produira trois systèmes aériens stratégiques : l’Archer VTOL, drone de surveillance et de frappe longue portée, l’Iroko UAV, conçu pour un déploiement tactique rapide, et le Kama, un intercepteur à grande vitesse capable d’atteindre 300 km/h pour contrer les menaces de drones adverses.
Le choix du Ghana comme site d’implantation est le fruit d’une décision mûrement réfléchie. Selon Nathan Nwachuku, le pays a été sélectionné pour son vivier de talents techniques, sa position géographique stratégique et sa volonté politique de devenir un exportateur sérieux dans le secteur de la défense. Le programme des zones franches ghanéennes offre également des avantages fiscaux significatifs, notamment une exonération d’impôt sur dix ans suivie d’un taux réduit de 15 %, ainsi que des exemptions de droits de douane sur les machines et matières premières importées.
Cette expansion marque la première implantation de Terra Industries en dehors de son pays d’origine, le Nigeria, où la startup avait signé en février 2026 un accord de coentreprise avec la Defence Industries Corporation of Nigeria (DICON), l’entité publique chargée de la production de défense des forces armées nigérianes.
La création de Pax-2 s’inscrit dans un contexte sécuritaire préoccupant. Onze pays africains ont désormais enregistré des attaques de drones par des groupes armés non étatiques. Le groupe jihadiste JNIM, actif au Mali et au Burkina Faso, a mené au moins 89 opérations de drones entre 2023 et 2025, tandis que la Province sahélienne de l’État islamique a frappé l’aéroport international de Niamey en janvier 2026.
Face à cette réalité, Terra Industries positionne son modèle industriel comme une réponse souveraine africaine. La startup protège déjà des infrastructures valorisées à environ 11 milliards de dollars dans huit pays africains, dont des centrales hydroélectriques, des mines de lithium et des installations pétrolières, grâce à ses systèmes autonomes couplés à son logiciel propriétaire ArtemisOS.
Au-delà de l’enjeu industriel, Terra Industries incarne une ambition plus large : celle d’une Afrique capable de concevoir, produire et déployer sa propre technologie de défense, sans dépendre d’architectures sécuritaires étrangères. La startup donne à ce projet le nom de « Pax Africana », une vision de paix durable bâtie sur la souveraineté continentale.
Pour réussir, Terra devra néanmoins transformer sa dynamique de financement en contrats gouvernementaux durables, notamment auprès des pays du Sahel qui cherchent activement à diversifier leurs équipements de défense.