
Mieux connaître les pratiques sexuelles des Français, c’est aussi comprendre leurs frustrations. Une vaste radioscopie, publiée par l’Ifop pour JOYclub, s’est penchée sur l’évolution des comportements et de la satisfaction sexuelle. Les données révèlent plusieurs tendances marquantes, dont une progression notable de l’ennui déclaré par les femmes au cours de leurs rapports.
C’est l’un des chiffres les plus marquants de l’étude : 56 % des Françaises déclarent s’ennuyer pendant leurs rapports sexuels, contre seulement 36 % il y a une trentaine d’années. Autrement dit, ce sentiment a fortement progressé au fil des générations.
Pour François Kraus, directeur d’expertise à l’Ifop et coauteur de l’étude, cet ennui traduit un décalage entre les attentes des femmes et ce qu’elles vivent réellement. Il évoque « un hiatus entre une prise de conscience du droit de jouir et les conditions concrètes pour y arriver », notamment parce que les scénarios sexuels restent souvent très centrés sur la pénétration et moins sur la réciprocité du plaisir.
https://x.com/IfopOpinion/status/2067170712163393953?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E2067170712163393953%7Ctwgr%5E3f4c9188432db1f13911d7d9ffd0483e70681a86%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.futura-sciences.com%2Fsante%2Factualites%2Fsexualite-56-femmes-disent-ennuyer-lit-enquete-secoue-sexualite-francais-135476%2F
L’enquête met également en lumière un important écart entre les sexes lorsqu’il s’agit d’atteindre l’orgasme. Près de 67 % des hommes déclarent jouir à chaque rapport, ou presque, contre seulement 40 % des femmes. Chez les moins de 35 ans, la différence est encore plus frappante : 75 % des hommes disent atteindre systématiquement l’orgasme, contre seulement 33 % des femmes.
L’anorgasmie, c’est-à-dire l’absence d’orgasme, est également signalée plus souvent par les femmes : 19 % en souffrent, contre 8 % des hommes, selon cette radioscopie de la sexualité des Français.
En outre, 57 % des Françaises disent avoir déjà simulé. Ce chiffre a presque doublé en trois décennies, puisqu’elles n’étaient que 32 % à l’admettre à la fin des années 1990. À l’inverse, seuls 32 % des hommes pensent être capables de repérer lorsqu’une partenaire simule. Ce décalage illustre les difficultés persistantes de communication autour du plaisir et des attentes de chacun.
via futura